Publié le 05/03/2014
L’hiver 2014 est marqué par une succession de puissantes tempêtes atlantiques plaçant au cœur de l’actualité la question des dynamiques des milieux littoraux (fortes érosions ponctuelles), de l’urbanisation littorale et des choix d’aménagement durable à mettre en place.
1. La situation météorologique de l’hiver 2013-2014
Le bilan de l’hiver (décembre, janvier, février) publié par Météo-France, le 4 mars 2014, avec de nombreux graphiques et cartes sur les températures, les précipitations, les vents en France, et deux zooms sur les régions Bretagne et PACA. http://www.meteofrance.fr/climat-passe-et-futur/bilans-climatiques/bilan-2014/bilan-climatique-de-l-hiver-2013-2014
2. Le fort recul ponctuel du littoral atlantique aquitain durant l’hiver 2013-2014
- Le résumé du rapport http://littoral.aquitaine.fr/Tempetes-de-decembre-2013-et.html
- Le rapport intégral du BRGM : « Compte-rendu des observations post-tempête sur le littoral aquitain » (décembre 2013-janvier 2014), 90 pages contenant de très nombreuses photos, ainsi que des cartes et des coupes. http://littoral.aquitaine.fr/IMG/pdf/rp-63182-fr.pdf
- Les risques côtiers et les apports des orthophotos dans le suivi des évolutions : « Connaître et comprendre l’espace terre-mer : l’apport de l’ortho littorale » : http://littoral.aquitaine.fr/Les-risques-cotiers.html
3. Les sites d’observation des dynamiques littorales
En France, les organismes publics, les collectivités régionales et les laboratoires universitaires ont développé ces dernières années de nombreux sites d’observation et d’analyse des dynamiques littorales et des questions d’aménagement durable qui y étaient posées.
- Le Centre de Recherches en Environnement Côtier (CREC) de l’Université de Caen : http://www.unicaen.fr/crec/
- Le LETG (Littoral, Environnement, Télédétection, Géomatique) qui regroupe 5 laboratoires des universités de l’Ouest (Brest, Caen, Nantes, Rennes et Angers) : http://letg.univ-nantes.fr/fr/laboratoire/1/presentation
Des articles scientifiques en ligne :
4. Vers une nécessaire réflexion sur la possible relocalisation géographique des activités et des biens sur les littoraux face aux aléas naturels
- Un article dans Paris Normandie du 26 janvier 2014, http://www.paris-normandie.fr/article/le-havre/la-submersion-marine-menace-nos-cotes
- Dans un entretien au journal Les Echos du 20 janvier 2014, Stéphane Costa souligne que « L'érosion côtière a rattrapé l'urbanisation qui s'est développée trop près du rivage jusque dans les années 1980 avant la loi littoral. Et les vrais problèmes sont à venir. On ne pourra pas maintenir le trait de côte à coups de béton. C'est coûteux et les impacts peuvent être négatifs. On ne pourra plus le justifier que là où les enjeux sont très forts. Il faut donc commencer à penser à la relocalisation des biens et des personnes. Mais, en prenant le temps d'analyser tous les impacts économiques, sociaux, juridiques et politiques. Le littoral ne doit pas non plus être un no man's land ». http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/energie-environnement/actu/0203251308991-stephane-costa-les-vrais-problemes-sont-a-venir-644057.php
- Stéphane Costa à l’émission Planète Terre du 2 mai 2012 : Pourquoi les falaises reculent elles ? http://www.franceculture.fr/emission-planete-terre│11-12-pourquoi-les-falaises-reculent-elles-2012-05-02
Ses principaux articles sont consultables sur le portail de revues Cairn : http://www.cairn.info/resultats_recherche.php?searchTerm=Stéphane+Costa
- Dans un entretien au journal Le Monde, 28 février 2014, elle fait le point sur l’érosion du littoral français. Elle y montre que « le littoral français est plus vulnérable qu'il y a cinquante ans », et que « l'érosion va s'accélérer, on va avoir des dommages plus fréquents et plus élevés ». Elle analyse ensuite les politiques de gestion des risques depuis la tempête Xynthia, pour alerter sur la nécessité de « reconnaître la notion de danger de la mer et arrêter de construire si près du rivage ». http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/28/les-dommages-lies-a-l-erosion-du-littoral-seront-plus-frequents-et-plus-eleves_4374950_3244.html
Ses articles en collaboration dans la revue en ligne Cybergéo :
- Un article scientifique de 3 enseignants-chercheurs de l’Université de Bretagne occidentale, Alain Hénaff, Catherine Meur-Férec et Yannick Lageat, « Changement climatique et dynamique géomorphologique des côtes bretonnes. Leçons pour une gestion responsable de l’imbrication des échelles spatio-temporelles », Cybergeo : European Journal of Geography, Environnement, Nature, Paysage, document 654, mis en ligne le 27 septembre 2013. L’article remet en perspective les dynamiques géomorphologiques côtières contemporaines dans le contexte de leurs évolutions sur le long terme. Quelques exemples d’évolution de littoraux en Bretagne permettent ainsi de rappeler que la mobilité des rivages relève de processus agissant à différentes échelles de temps et d’espace, entre la transgression flandrienne à l’origine de la mise en place des littoraux actuels, les évolutions historiques des lignes de rivage et les formes côtières soumises aux phénomènes météo-marins, aux variations des bilans sédimentaires et aux interventions humaines. Avec cartes et schémas. http://cybergeo.revues.org/26058
- Une étude de cas sur la commune de Guissény (Finistère, France) : cartographie de l’aléa de submersion marine et PPR, Jean-Marie Cariolet, Serge Suanez, Catherine Meur-Férec et Annaïg Postec, Cybergeo : European Journal of Geography, Espace, Société, Territoire, document 586, mis en ligne le 02 février 2012. http://cybergeo.revues.org/25077
Ces analyses ont été entendues par les autorités nationales et un certain nombre de collectivités régionales. Philippe Martin, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, ainsi que Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, ont annoncé le 16 janvier 2014 deux mesures visant à lutter contre l’érosion côtière, dont un quart du littoral français est actuellement victime :
- la production d'une « cartographie de l'aléa d'érosion côtière à l'échelle nationale », rendant compte de l'état actuel du littoral, avec une prévision à 10, 40 et 90 ans
- le lancement d'un « programme de gestion intégrée » de tous les risques encourus par le littoral et ses habitants, pour une meilleure prévention de l'érosion et de la submersion. Un certain nombre d’actions communes ont été identifiées pour faire avancer les objectifs suivants : mieux intégrer les risques naturels dans une dynamique de recomposition spatiale des territoires littoraux, n’envisager les opérations de protection artificialisant fortement le trait de côte que dans des secteurs à très forte densité ou d’intérêt stratégique national et les concevoir de façon à permettre à plus long terme un déplacement des activités et des biens, assurer une prise en compte conjointe des aléas submersion et érosion dans les plans de prévention des risques littoraux et restaurer le fonctionnement des écosystèmes littoraux (zones humides, cordons dunaires, mangroves, récifs coralliens...) pour leur rôle en faveur de la protection du littoral car ils constituent des espaces de dissipation de l’énergie de la mer et contribuent à limiter l’impact de l’érosion côtière sur les activités et les biens.
Une carte indique qu’en métropole, 43,6 % du littoral restent stables mais 24,2 % subissent une érosion, et 9.5 % sont en accrétion. Sur ces 24 % du territoire en érosion, 25.9 % sont des sols urbanisés ou artificialisés. http://www.developpement-durable.gouv.fr/Des-nouvelles-mesures-de-lutte,37160.html
Le séminaire national sur la « relocalisation des activités et des biens » du Ministère de l’Ecologie et du développement durable de février 2013. http://www.geolittoral.developpement-durable.gouv.fr/le-seminaire-national-de-lancement-a474.html
5. En complément : le site du FORED du CRDP d’Amiens sur l’Education au développement durable :
Pour élargir les approches sur les questions du développement durable, on peut enfin utilement se référer au site du FORED sur l’Education au développement durable.
Pour Géoconfluences, Laurent Carroué, IGEN et Marie-Christine Doceul