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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 06:54

 

 

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D'ici quelques jours, la commission parlementaire Mobilité 21 rendra ses conclusions sur les projets d'infrastructures de transport prioritaires. Parmi les dossiers examinés, ceux des lignes à grande vitesse au sud de Bordeaux… (H.B.)

 

 

Par Éric Normand Publié à 06h00

 

Y croient-ils encore ? C'est la question que l'on peut se poser quand on note le silence de députés aquitains à l'Assemblée nationale, lors de l'audition du président de la commission Mobilité 21. Cette dernière a passé au crible les 75 projets du Schéma national des infrastructures de transports, et livrera ses conclusions autour du 25 juin. Les parlementaires locaux disent rester confiants sur le dossier de lignes à grande vitesse au Sud de Bordeaux. Et font fi des rumeurs. Voire des apparences.


Retour sur cet épisode. Mercredi 3 juin à l'Assemblée nationale. Philippe Duron est entendu par la commission du développement durable. Le député-maire de Caen est en ce moment le parlementaire le plus courtisé de France. C'est lui qui préside Mobilité 21. Parmi les projets de lignes à grande vitesse (LGV), d'autoroutes, canaux, la commission va au bénéfice du gouvernement flécher lesquels, selon elle, sont prioritaires. Ce dernier tranchera.


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 Jour d'audition donc. Le Normand précise sa méthode. Les questions fusent. Les élus interrogent leur collègue sur les projets qui les concernent. Beaucoup de LGV Paris-Normandie ici, un peu de Paris-Clermont par là, pas mal de canal Seine-Nord aussi. 25 questions. Des réponses évasives...


Reste que sur les LGV du Sud-Ouest rien, pas l'ombre d'une demande, pas une velléité d'interrogation. Alors que, dixit Philippe Duron, "des arbitrages sont encore à faire." Ni la Béarnaise Martine Lignières-Cassou, membre de cette commission qui compte 80 députés, ni ses collègues basque, landais ou girondin ne sortent du bois. De quoi se demander si les élus aquitains n'ont pas été douchés par les rumeurs qui donnent les projets Bordeaux-Toulouse comme Bordeaux-Espagne en piètre position dans le classement.


"Toujours engagés"

Une hiérarchie que d'aucuns annoncent même d'ores et déjà riche… d'une seule LGV : en l'occurrence la ligne Paris-Clermont. "Nous sommes toujours engagés, mobilisés. Ne vous inquiétez pas, nous n'avons jamais relâché la pression" réplique Martine Lignières-Cassou.


L'élue paloise, qui a participé à la réunion avec Philippe Duron, relève avoir déjà "échangé avec lui pour le sensibiliser à l'importance de la LGV Bordeaux-Espagne et la desserte Béarn-Bigorre." Philippe Duron aurait même sur son bureau un dossier rempli d'arguments en faveur de la ligne du Béarn. Le cabinet du ministre des Transports Frédéric Cuvillier a, lui aussi, été saisi. Bref, rien n'aurait été laissé au hasard.


Un courrier qui intrigue

Alors comment interpréter la missive adressée le 5 juin, à l'initiative du président du conseil régional Alain Rousset, au Premier ministre ? Une lettre cosignée par les présidents des conseils généraux des Landes, Pyrénées-Atlantiques et Gironde et les trois présidents des principales agglomérations aquitaines (Bayonne, Pau et Bordeaux). Le tout avec demande d'audience. Ultime assaut pour sauver ce qui peut l'être à l'aune de vents défavorables ? Énergie du désespoir ? "Pas du tout", éclaire-t-on au conseil régional. "C'est dans la suite des actions menées jusqu'à présent."


Sauvé par l'Espagne ?

Au conseil général des Pyrénées-Atlantiques, le discours est du même tonneau. Rien n'est acquis et croire que les LGV du Sud-Ouest seront enterrées est très hasardeux, martèle l'entourage de Georges Labazée. Quant au courrier, "ce n'est pas une initiative désespérée mais la suite d'une action de lobbying". Sachant que si cette lettre a été rendue publique, d'autres actions sont restées dans l'ombre. Une stratégie discrète, rythmée de rendez-vous et courriers, avec des parlementaires tirant dans le même sens. "D'ailleurs ce courrier transcende les camps politiques." Le Bayonnais Jean Grenet et le Bordelais Alain Juppé n'ont en effet pas la réputation d'être socialistes.


De quoi être confiants ? Sur les bancs de l'assemblée, le voisin de Philippe Duron s'appelle… David Habib. Et le député-maire de Mourenx a suffisamment échangé avec son collègue caennais, issu lui aussi du courant fabiusien, pour dire aujourd'hui "ne pas avoir senti chez lui une possible fin de non-recevoir pour les projets au Sud de Bordeaux." Il est vrai que le principal atout de la LGV Bordeaux-Hendaye est sa dimension transfrontalière. La voie est un maillon du Paris-Madrid réclamé par l'Europe. Un argument que les élus aquitains mettent aujourd'hui en avant. Et qui, ils l'espèrent, s'avérera décisif à l'heure du choix final. Pour autant, hier, Jean-Marc Ayrault n'avait toujours pas répondu positivement à leur demande de rendez-vous.


Quand les opposants basques à la LGV s'inspirent… du Béarn

Le Collectif d'associations de défense de l'environnement (CADE), opposé à la construction d'une ligne grande vitesse traversant le Pays basque, a annoncé l'achat en indivision par 494 personnes d'une bande de terre sur le possible futur tracé de la LGV Bordeaux-Espagne. "Nous avons acheté 900 m2 de terrain qui forment deux bandes étroites et qui font face au futur tracé de la LGV sur les communes de Mouguerre et de Saint-Pierre-d'Irube" a indiqué le porte-parole du CADE, Victor Pachon. Une méthode qui n'est pas sans rappeler celle choisie dans les années 90 par les opposants au tunnel routier du Somport. Quelque 3 000 personnes, dont Dominique Voynet ou Monseigneur Gaillot, avaient à l'époque acquis des petites parcelles en vallée d'Aspe pour ralentir les procédures. Ce qui au final, n'avait pas empêché le tunnel d'être construit. Aujourd'hui, c'est donc aux opposants basques de s'inspirer de l'exemple aspois.


Avec José Bové et la veuve de J. Chaban-Delmas

"Parmi ces propriétaires, nous comptons des personnalités comme José Bové ou encore Micheline Chaban-Delmas, femme de l'ancien Premier ministre" a-t-il précisé. Victor Pachon a aussi indiqué que les propriétaires étaient "prêts à aller en justice pour refuser l'expropriation mais qu'avant cela il faudra que Réseau ferré de France (RFF) retrouve les 494 propriétaires, dont certains vivent de l'autre côté de l'Atlantique, ainsi que les héritiers de ceux qui sont décédés."


Ainsi, le CADE estime que la procédure d'expropriation n'interviendra pas avant de très longs mois. Et par cet artifice administratif le collectif dit "ouvrir un nouveau front de bataille." "D'autant que nous refuserons l'accord amiable que RFF ne manquera pas de nous proposer. Après il faudra que la préfecture lance une enquête publique, puis déclare le projet d'utilité publique (DUP) concernant notre terrain" a-t-il précisé.l


Pays basque Des opposants à la LGV se sont mis à 500 pour acheter un terrain sur le tracé, ce qui ralentira les procédures.

 


 

Source: http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2013/06/18/lgv-nos-elus-y-croient-ils-encore,1137126.php

 

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