Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 08:56

 

 

cartenddl.png

Carte des barricades de Notre-Dame-des-Landes (Rue89)

 

Camille Polloni | Journaliste Rue89

 

En direct 30/10/2012 à 12h29


Les forces de l’ordre sont intervenues toute la journée dans la « zone à défendre », où les opposants à l’aéroport protègent leurs cabanes et leurs barricades.


Troisième vague d’évacuation des anti-aéroport en deux semaines, l’opération de police à Notre-Dame-des-Landes a commencé à la maison du Sabot vers 7h30 du matin. Cyril Bouligand, agriculteur de la Confédération paysanne, y était quand le gaz lacrymogène s’est répandu dans le bocage.

« Il y a un camion de la DDE [direction départementale de l’équipement, ndlr] et une tractopelle », raconte-t-il dans l’après-midi. Les engins de chantier déblaient les barricades installées par les manifestants ces derniers jours : pneus, troncs d’arbre, objets en tous genres ont été placés sur la route pour retarder l’arrivée des gendarmes.

En vain, admet un militant qui a passé le week-end sur place : « Malgré les efforts déployés pendant 48 heures pour barrer le chemin à la police, nos barrages ont été facilement défaits. » Des agriculteurs en tracteurs sont venus prêter main forte aux occupants de la « zone à défendre » dès le matin.


Toute la journée de mardi, les gendarmes ont progressé pour détruire les cabanes et vider les maisons du Sabot et de La Saulce. Ils se sont heurtés aux « violentes attaques » d’une opposition « très déterminée » selon la préfecture.


Un « impact dévastateur » pour Dominique Voynet

Cyril Bouligand relativise :

« Il y a eu un peu de bagarre ce matin, un caillou de temps en temps et des œufs pourris, c’est une violence très relative. »

Les deux camps déplorent des blessés, au moins trois chez les manifestants et sept chez les gendarmes, qui ont fait usage de grenades explosives, grenades à poivre et flashballs. La question de l’aéroport cristallise les tensions entre Verts et socialistes au sein même du gouvernement. « J’ai eu le sentiment que François Hollande était conscient de l’impact dévastateur des images de guerre civile à Notre-Dame-des-Landes », avance Dominique Voynet qui a parlé au Président mardi matin.

Les démolitions et les évacuations devraient se poursuivre dans les prochains jours. Dans plusieurs villes de France, des manifestations d’opposants à l’aéroport ont déjà eu lieu ou sont prévues avant la grande « manifestation de réoccupation » du 17 novembre.


Minute par minute

17h20. Etat des lieux par Ouest-France : il resterait trois points de tension en fin d’après-midi.

« Les gendarmes sont en train de prendre le contrôle d’une barricade située au nord d’une maison (La Saulce). [...]

Un peu plus au nord, à hauteur de la forêt de la Lande de Rohane se trouve une tranchée creusée par les jeunes occupants de la zone. C’est le nouvel objectif des gendarmes. [...]

La situation est également tendue au Sabot, lieu symbole de la résistance à l’aéroport, menacé d’expulsion. »

17 heures. Photo d’une benne dans laquelle sont entassés les pneus à La Saulce. Toutes les cabanes alentour ont été détruites, l’évacuation des gravats est en cours.

16h50.« Alors César, tu patauges ! » : banderole sur une cabane près de La Saulce, envoyé par Sophie Caillat de Rue89. « César » est le nom de l’opération policière déployée à Notre-Dame-des-Landes.

16h45. Une quinzaine d’élus d’Europe-écologie-Les Verts sont arrivés à Notre-Dame-des-Landes en soutien aux agriculteurs.

16h40. Pour comprendre la topographie de la Zone à défendre, vous pouvez vous reporter à notre carte.

Carte des barricades de Notre-Dame-des-Landes (Rue89)

16h35. Un opposant qui s’est rendu à Notre-Dame-des-Landes ce weekend raconte l’organisation côté manifestants :

« Il y a des gens qui habitent sur la ZAD depuis deux ou trois ans, d’autres qui y passent un mois ou deux et d’autres comme moi, qui passent pour le weekend. Cela crée différents niveaux d’organisation, en fonction des compétences des uns et des autres, de leurs envies et du temps qu’ils restent. C’est intéressant de voir comment ça fonctionne. L’ambiance était plutôt à la guerre des boutons qu’à la guerre sociale : tous en bottes dans les champs pour couper du bois. Malgré les efforts déployés pendant 48 heures pour barrer le chemin à la police, nos barrages ont été facilement défaits. »

16h10. Nouveau bilan de l’agence de presse Sipa : sept gendarmes mobiles (et toujours trois manifestants) auraient été blessés.

16h05. A Saint-Brieuc, une petite manifestation vient de se tenir devant le siège du Parti socialiste.

15h55. Sophie Caillat, de Rue89, vient d’arriver sur place. Elle voit « un hélicoptère dans le ciel, un feu dans la forêt de Rohan » et compte « deux cents personnes à la manifestation appelée par la coordination des opposants » à l’aéroport.

15h45. Cyril Bouligand, jeune agriculteur de la Confédération paysanne, est arrivé au Sabot (le premier lieu investi par la gendarmerie) à 7 heures du matin :

« Ce matin les forces de l’ordre nous ont poussés dans le champ à coup de lacrymos. Ils sont toujours en train de libérer le terrain en enlevant les barricades (faites de foin, de terre, de pneus, un peu de tout) mais n’ont pas touché à la maison pour l’instant. Il y a un camion de la DDE (Direction départementale de l’équipement) et un tractopelle.Là je suis à 100 mètres du Sabot, avec une trentaine de tracteurs. On occupe un certain nombre de gendarmes mobiles qui nous empêchent de nous rapprocher de la maison. »

Il commente le communiqué de la préfecture :

« Je trouve qu’ils exagèrent sur la violence, il y a eu un peu de bagarre ce matin, un caillou de temps en temps et des œufs pourris, c’est une violence très relative. Depuis quinze jours, les différentes tendances de la lutte se sont plutôt rapprochées. La solidarité entre les paysans et les gens de la ZAD s’accroît. »

15h30. Quelques images de France 3 Pays de la Loire sur les événements de mardi matin.

15 heures : Joint par téléphone, Jean-Philippe Magnen, porte-parole national d’Europe-écologie-Les Verts et vice-président du conseil régional des Pays de la Loire affirme qu’il n’y a « aucune ambiguité » sur l’opposition de son parti au projet d’aéroport :

« Dès les premières évacuations nous avons dénoncé la démesure des moyens et les méthodes employées, choquantes et contre-productives. Ce n’est ni utile ni souhaitable. Il y a des divergences avec le Parti socialiste : l’EPR et ce projet d’aéroport. Nous ne sommes pas socialistes et ils ne sont pas écologistes. Malgré tout nous avons choisi de former cette coalition gouvernementale, mais ça ne remet pas en cause notre position. Le PCF est pour l’aéroport, le Parti de gauche est contre, et pourtant le Front de gauche existe ! Nous soutenons les opposants non-violents et menons le combat sur le terrain politique. »

14h40. Ouest-France publie une vidéo d’une maison en cours de destruction.

14h35. Dominique Voynet revient sur sa discussion avec François Hollande au sujet de l’aéroport :

« J’ai eu le sentiment que François Hollande était conscient de l’impact dévastateur des images de guerre civile à Notre-Dames-des-Landes. »

14h30. Des opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes font circuler une liste de pads (documents collaboratifs) pour s’organiser : comptes Twitter qui suivent l’évacuation, images militantes, agenda des rassemblements et tentatives de covoiturage. Une « manifestation de réoccupation » est prévue le 17 novembre.

14h15. Gaël, occupant de la ZAD, fait un point sur la situation par téléphone. Il se trouve près de La Saulce :

« Depuis environ une demi-heure, trois pelleteuses se sont frayé un chemin vers la maison, qui ne doit plus ressembler à grand-chose à l’heure qu’il est.

Autour, au moins deux cabanes dans les arbres qui étaient vides ont déjà été détruites. Reste celles qui sont occupées : les gens n’ont pas l’intention de partir. Parmi les opposants présents aujourd’hui il y en a qui sont clairement non-violents, par exemple une brigade activiste de clowns et une batucada. Certains d’entre nous font la navette entre les groupes avec du sérum physiologique et du Maalox contre les gaz lacrymogènes, d’autres s’occupent de la nourriture ou de la circulation des informations. »

13h40. Ouest-France a publié la vidéo d’un opposant à l’aéroport prenant à partie les gendarmes, les accusant de complicité et leur demandant d’abandonner le terrain.

Dans un communiqué, l’organisation écologiste Greenpeace « condamne les nouvelles évacuations brutales en cours sur le site du projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes et apporte son soutien aux opposants présents sur place. »

13h35. D’après l’agence de presse Sipa, sept personnes auraient été blessées depuis le début de l’opération de police ce mardi matin : trois manifestants et quatre policiers ou gendarmes.

13h25. La maison de La Saulce (voir la carte) serait en cours d’évacuation avant démolition.

13h15. Rappel : Plusieurs articles sur Notre-Dame-des-Landes ont déjà été publiés sur Rue89. Vous pouvez lire :

Ou consulter le tag « Notre-Dame-des-Landes ».

13h05. Sur son site internet, le quotidien Presse Océan publie plusieurs vidéos du face-à-face de ce mardi entre gendarmes et manifestants.

13 heures. D’après un collectif d’opposants à l’aéroport, des grimpeurs tenteraient de déloger les opposants montés sur le toit du Sabot.

12h55. Les gendarmes sont accompagnés de machines de démolition.

12h50. D’après le site internet 7seizh.info, qui suit en direct la mobilisation :

« Les manifestants de la confédération paysanne et les opposants de la ZAD sont têtes contre casques devant les CRS. La situation est hyper tendue. Les manifestants chantent “ La Blanche Hermine ” devant les forces de l’ordre. »

12h45. La préfecture de Loire-Atlantique a publié un communiqué sur l’opération en cours :

« La troisième [phase d’intervention] intervient ce jour sur le site bâti au lieu dit la Saulce à Vigneux-de-Bretagne et sur les squats non bâtis du Sabot, des 100 Chênes sur cette même commune et sur la Lande de Rohanne à Notre-Dame-des-Landes. L’engagement des travaux a nécessité au préalable la suppression d’obstacles de type barricades (enflammées pour certaines) et de tranchées construites par les opposants dans les deux derniers jours. Ces interventions se sont déroulées face à des opposants très déterminés dont le nombre a notablement augmenté ce week-end suite aux nombreux appels relayés sur les sites internet. Les forces de l’ordre ont dû faire face à de violentes attaques par jets de projectiles et éloigner les groupes d’assaillants par l’usage de lacrymogènes. La déconstruction des squats se poursuit sous la protection des forces de l’ordre. »

12h40. La question de l’aéroport cristallise les tensions entre Verts et socialistes. Dominique Voynet, maire écologiste de Montreuil-sous-Bois (93), dit s’être adressée directement à François Hollande pour lui faire part de « notre incompréhension face à la répression »

12h10. Ce mardi matin, les forces de l’ordre ont lancé une nouvelle opération pour évacuer les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. Envoyez-nous vos témoignages, photos et vidéos.

Au courant dès lundi soir, les militants avaient creusé des tranchées et construit des barrages pour ralentir la progression des gendarmes. Ceux-ci ont lancé des grenades explosives, à poivre et lacrymogènes, et fait usage de flashballs. France 3 parle de « scènes de guérilla » et les deux camps déplorent des blessés. Un hélicoptère survole la zone. Les affrontements se concentrent autour du lieu appelé Le Sabot. Une vingtaine de tracteurs, qui se sont réunis vers 10 heures devant la mairie de Notre-Dame-des-Landes, ont pris la direction du Sabot. Arrivés à proximité, ils ont reçu l’ordre d’évacuer de la part des forces de l’ordre.


Sophie Caillat, journaliste à Rue89, est en route vers la zone d’évacuation.

 


 

Source: http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/10/30/suivez-levacuation-de-notre-dame-des-landes-en-direct-236648

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires