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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 20:42

 

 

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 COMMUNIQUÉ DU 26 octobre 2012 : 

 

 L’'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a communiqué très rapidement, quelques heures seulement après la fin de l’'incident qui s’est produit le 24 octobre 2012 à 23h15, à propos d’'une fuite survenue sur une ligne auxiliaire du circuit primaire du réacteur n°1 de Flamanville. Ce réacteur  à l’'arrêt pour maintenance et rechargement du combustible depuis fin juillet 2012 était en phase finale de redémarrage : le circuit primaire fonctionnait à une pression supérieure à 150 bar et une température proche de 300°C .


 La fuite est survenue lors de la remise en pression. Le débit de la fuite a conduit l’'exploitant à appliquer les consignes de mise à l’'arrêt à froid du réacteur pour permettre une baisse rapide en pression et température de l’eau. La fuite ( 7000 litres par heure) a été arrêtée le 25 octobre à 05h00.


  Selon l’'ASN, l'’événement qu'’elle a classé provisoirement au niveau 1 de l’échelle INES n’a pas eu de conséquences sur le personnel et l'’environnement. Le plan d'’urgence interne de l'’établissement n’a pas été activé.


Ce que ne transcrit pas la communication “soft”  de l’'ASN, c'’est le ressenti des travailleurs pendant ces longues heures de nuit en milieu hostile. Voici le témoignage de l’'un d’entre eux : 

« Je travaillais de nuit, une nuit comme on ne les aime pas quand on bosse ! 3 collègues ont failli mourir par négligence !  On nous fait faire de plus en plus n'importe quoi , pour une chose, le profit ! On nous a demandé de remplir un tronçon du circuit primaire qui avait eu une panne après un arrêt de tranche catastrophique ! Le problème c'est qu’on nous l’'a demandé à 155b et 300 degrés !  Résultat : 3 mecs au médical  et un repli de tranche en phase accidentelle ! Un vrai miracle , les 3 collègues ont pu, après une visite au médical, reprendre le boulot et stopper la fuite . Résultat : un bâtiment réacteur légèrement contaminé et encore une prolongation d'arrêt ! (...) 


Des questions restent posées: 

- Quelle est la part du vieillissement des installations nucléaires en bord de mer, ici comme à Penly et Paluel qui ont 25 ans et plus de fonctionnement industriel, alors qu’'elles ont été prévues pour 30 ans?


- Quelle est la part de responsabilité de la gouvernance des centrales nucléaires françaises encore d'’état à 83% dans les incidents à répétition? Les consignes sont-elles toujours claires? Prend-on suffisamment en compte la pression et le stress des travailleurs de nuit ? Ne privilégierait-on pas la productivité et les coûts de production (EDF évalue le coût d'une journée d'arrêt à un million d'euros...) par rapport à la sûreté des installations et à la sécurité des personnels et des populations? C'’est déjà ce que craignait le professeur Tanguy, au début des années 1990, responsable alors de la Sûreté à EDF qui demandait notamment le changement des générateurs de vapeur et de leurs réseaux tubulaires. Aujourd’hui, seuls 18 ont été changés sur les 58 existants, 22 ans après ! À Flamanville 1 et 2, cela n'’a pas été fait. Que serait-il arrivé si un  accident s’'était produit sur ces éléments?


Le coût financier et humain aurait été beaucoup plus important que le retard pris par le redémarrage du réacteur 1 qui a déjà pris un mois de retard à la suite de plusieurs aléas techniques.


C.R.I.L.A.N.


 

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