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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 08:35

 

 

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Victor et le CADE nous ont demandé de nous exprimer et c’est pourquoi nous avons préparé ce petit texte. Les jeunes sont de plus en plus impliqués dans la lutte contre la LGV et les GPII. Cette nouvelle génération de militants sera présente dans 10, 20 voire  même dans 30 ans si ces projets ressortent des cartons.


Les LGV sont conçus par des technocrates européens alliés à des politiques déconnectées des territoires. Ils conçoivent de desservir des grandes métropoles régionales. Si la LGV se fait, nous serons oubliés entre Bilbao, Toulouse et Bordeaux.


Le coût financier de tels projets est exorbitant et ces projets ne développent pas les territoires comme cela est prétendu par certains des décideurs. L’argument de l’emploi peut être alléchant mais bien trop souvent il est donné à des travailleurs étrangers exploités.


En matière d’environnement le bilan est aussi catastrophique. La construction des LGV a pour conséquences la déforestation, la dégradation de la ressource eau, la destruction d’habitats ou encore d’espèces protégées, animales et végétales.


Outre le fait que notre territoire serait traversé mais peu desservi, les 9 hectares aménagés par km détruiraient le paysage qui fait le charme du Pays basque et son attrait touristique (respectueux du territoire et de sa culture).


Nous vivons actuellement une hausse de la température moyenne globale de la planète et la communauté des climatologues est quasi unanime sur la poursuite de cette augmentation. Les phénomènes climatiques extrêmes ou atypiques vont être de plus en plus fréquents comme par exemple le printemps hivernal que nous avons traversé. Les économistes chiffrent le coût du changement climatique à plusieurs points de PIB dans les années à venir. Dans ce cadre nous ne voyons pas ce que viendrait faire une LGV de plus sur notre territoire.


Le développement économique des pays émergents et en développement va contribuer à l’augmentation de la consommation énergétique. L’utilisation des pétroles et autres gaz de schistes ne font que retarder le déclin des énergies fossiles et l’augmentation de leur coût. Dans ce cas l’électricité énergie de l’avenir ? Pas vraiment, les annonces d’augmentation des coûts de cette ressource démontrent la fin de l’électricité peu chère. La nécessaire transition énergétique et les hausses du coût des énergies vont mettre sur le devant de la scène l’impératif de la sobriété énergétique. Pour les trains, une vitesse supérieure à 220km/h a une consommation d’électricité beaucoup plus importante.


Nous sommes donc en droit de poser la question du sens de tout cela, le sens du « toujours plus vite » ? Dans une trentaine d’années aurons-nous l’envie et la nécessité de se rendre à Paris tous les jours par le TGV? D’autant plus que nous n’aurons sans doute plus la même notion des distances qu’aujourd’hui, et que le système de notre société actuelle aura sans doute évolué.


Aujourd’hui, une minorité de personnes prennent régulièrement le TGV, on l’appelle « l’élite circulatoire ». Et nous, nous nous posons une question simple : de quoi a besoin la majorité des personnes habitants tous ces territoires impactés ? La facilité des déplacements du quotidien. C’est là que devrait se faire les investissements pour le bénéfice de tous. Comme les trains de proximité, l’extension des transports en commun urbains et interurbains à l’échelle du territoire de vie. Le coût de la voiture va devenir de plus en plus important, comment allons-nous faire pour travailler, pour nos déplacements du quotidien ? Bien trop peu de trains locaux, bien trop peu de bus ?


Nous voyons bien que le modèle économique actuel axé sur une croissance à bout de souffle ne marche pas. L'évolution des systèmes socio-économiques est en marche et plus particulièrement chez nous, au pays basque.


Nulle part ailleurs dans cet Etat il n'existe une agriculture paysanne aussi active qu'au pays basque. Une agriculture respectueuse de notre terre nourricière et qui répond à une demande de plus en plus forte d'une population qui croît d'années en années. Le développement des circuits courts est en marche avec par exemple les AMAP de consommateurs ou la création d'une monnaie locale.


Des produits de qualité produits à proximité c'est cela qu’il nous faut !


Ces dernières années, pour allier attractivité du pays basque et conscience écologique, un tourisme vert s'est développé dans ce même esprit de respect de notre environnement.


Dans ce contexte ce sont les déplacements courts qui sont à privilégier et à développer et non les déplacements longues distance comme avec cette LGV imposée.


Face à ces signes qui vont dans le bons sens pour l'avenir, notre avenir, devrions-nous accepter une balafre de plus au travers de notre territoire, pour quelque chose qui ne répond absolument pas aux besoins du pays basque et de la population qui la compose ? NON ! Une agriculture qui souffre déjà d'une spéculation foncière très forte sur la côte basque ne survivrait pas à ce projet pharaonique qui l'écraserait de fait.


Aujourd’hui on nous fait croire que nous sommes les décideurs. Tout au long des phases d'études, et notamment des quatre consultations qui ont eu lieu, la population s’est opposée à plus de 95 % au projet et ce bien que RFF ait tenté de torpiller les résultats. 


Mais bien que la démocratie soit usurpée, nous vivons dans un Etat de droit et il faut que l’on se mobilise lors de la prochaine consultation si elle nous était imposée (même si on doute du sens qu’aurait une enquête publique aujourd’hui pour un projet qui ne se fera pas avant 20 ou 30 ans, comme cela est/va être indiqué par la commission mobilité 21).


Les jeunes générations se joignent à nous pour remercier  nos aînés qui ont mené ce combat depuis les années 1990. Aujourd’hui nous sommes prêt à reprendre le flambeau et seront présents dans les années à venir pour s'opposer à ces GPII ubuesques, déraisonnables et destructeurs.


Pour nous les LGV sont des infrastructures du XXème siècle et non du XXIème siècle.

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