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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 12:00

 

Cancers, troubles de la reproduction
Campagne de sensibilisation, films documentaires, directive européenne Reach*, de nombreuses initiatives voient le jour pour informer des dangers que les pesticides font peser sur la santé humaine. Des certitudes existent aujourd'hui sur l'influence de ces produits en matière de cancer et de reproduction.

Dénoncer la logique d'un système qui fait passer le profit avant la santé de ses enfants, c'est l'objectif du récent film de Jean-Paul Jaud, " Nos enfants nous accuseront ".
Le réalisateur y raconte le combat d'une municipalité du Gard qui finance le passage au
 " tout bio " de la cantine scolaire.

Tous les intervenants de ce documentaire font le constat des ravages de la chimie agricole sur leur environnement et formulent des propositions alternatives. De telles initiatives se multiplient en France, championne d'Europe de l'utilisation de pesticides.

Mais il faut aussi beaucoup se méfier des pesticides employés dans d'autres pays du monde. Ils sont parfois strictement interdits depuis des années en France et polluent les végétaux que nous importons hors saison (fraises espagnoles traitées au Lindane). Comme le répète le Professeur Henri Joyeux, cancérologue et nutritionniste à Montpelier, " l'alimentation la plus prudente consiste à consommer les végétaux de saison, lorsqu'ils arrivent à maturité chez nous, et à éviter les cerises et les fraises à Noël, elles sont hors de prix, n'ont aucun goût, et nous ne savons rien de leur mode de production "

En novembre, deux associations, HEAL (l'Alliance santé environnement) et le MDRGF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) ont lancé une grande campagne visant notamment à faire pression sur les décideurs politiques pour obtenir l'interdiction des pesticides reconnus nuisibles pour la santé ou simplement suspectés de l'être.

Perturbations endocriniennes
«Aujourd'hui, nous disposons d'éléments concordants pour lier l'utilisation de polluants organiques persistants (POP) à la baisse de production spermatique et à la hausse de l'incidence du cancer des testicules, le plus fréquent chez l'homme jeune, constate Alfred Spira, directeur de l'Institut de recherche en santé publique (IReSP). Parmi ces polluants, les pesticides sont en première ligne. De nombreuses études épidémiologiques ont contribué à mettre en lumière les relations entre la présence de ces substances et la baisse de la production de spermatozoïdes. Ce fut le cas dans les années 90, notamment pour des milliers d'ouvriers agricoles sud-américains contaminés pendant des années par le DBCP (Dibrome chlore propane), un pesticide aujourd'hui banni, qui était directement responsable de l'arrêt de la production de spermatozoïdes chez les ouvriers agricoles. On a ensuite remarqué des anomalies du développement sexuel des alligators du lac Apopka, en Floride, dans lequel on avait accidentellement déversé des pesticides. A partir de là, des expérimentations ont permis de confirmer étude décortiquer le mécanisme de la perturbation endocrinienne. Les substances organo-chlorées se fixent sur les récepteurs cellulaires du fœtus au moment de la différenciation sexuelle. Cela entraîne des malformations congénitales dans l'enfance, des troubles de la production spermatique à l'adolescence, voire le développement de cellules cancéreuses », conclut Alfred Spira.

Sein, prostate, leucémie
Si des liens indiscutables sont établis entre pesticides et cancer des testicules, la question de l'incidence sur d'autres pathologies se pose elle aussi. « Un débat agite le milieu scientifique à propos du cancer du sein, poursuit Alfred Spira. Ce dernier a une origine multifactorielle, mais il est vraisemblable que les modifications chimiques de l'environnement constituent l'un de ces facteurs de risque. Le cancer de la prostate, lui aussi lié à des dysfonctionnements hormonaux, pourrait également être concerné par ce type de substances. Enfin, nous avons des arguments qui nous permettent de penser que des leucémies chez l'enfant seraient liées à une exposition aux pesticides pendant la grossesse. »

Quelle prévention?
Si certains risques liés aux comportements individuels (tabac, alcool) sont évitables, comment assurer une prévention efficace face aux dangers pour la santé ?
Certaines précautions s'imposent au quotidien.
L'usage domestique de pesticides pour le jardinage, par exemple, est loin d'être anodin. Le danger vient des doses, souvent supérieures à celles recommandées, mais aussi de 1'exposition répétée aux produits.
Pendant la période à risque que constitue la grossesse, les femmes doivent éviter au maximum les contacts avec des substances chimiques (par exemple le parabène) contenues dans les cosmétiques, les parfums, les sprays ...
 
« Il faut faire évoluer la réglementation, estime Alfred Spira. C'était notamment l'objet du colloque qui s'est tenu le 25 novembre 2008. Une réflexion est menée par le ministère de la Santé et de l'Environnement sur la possibilité de mettre en place une labellisation de certains produits au niveau européen, comme cela se fait au Danemark, mais c'est compliqué de la transposer au niveau européen. La directive Reach oblige les industriels à mieux maîtriser les produits chimiques qu'ils mettent sur le marché. C'est bien, mais il faut aller plus loin. Reach doit englober davantage de substances et permettre de fabriquer des produits de substitution. Il faut également poursuivre la recherche pour mettre au point des bio marqueurs fiables, capables de mesurer les effets des pesticides sur l'organisme de manière standardisée et de mieux connaître les interactions des différentes substances. »

* Reach: enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques.


AGRICAN : UNE ÉTUDE SOUTENUE PAR LA LIGUE CONTRE LE CANCER

Le Grecan (groupe régional d'études sur le cancer basé à Caen) mène une étude scientifique, en partenariat avec la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et la Ligue contre le cancer, sur les causes potentielles des cancers dans le secteur de la production agricole.

Baptisée Agrican, cette étude, dont les premiers résultats seront connus fin 2009, repose sur l'envoi de plus de 600 000 questionnaires à des agriculteurs, à des femmes d'exploitants et à des salariés agricoles de 12 départements français.

 

 

Source: http://www.liguecancer01.net/Dossiers/dossier_2009_04_pesticides.htm

 


 


 

 

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