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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 10:31

 

 

Publié le 20 janvier 2020

La 5G est en train de devenir une réalité. Les enchères pour les fréquences doivent démarrer dans quelques mois en France, tandis qu'elle est déjà opérationnelle en Chine ou en Corée du Sud. L’enjeu pour les opérateurs est de proposer des services améliorés, mais plusieurs experts pointent du doigt un risque d’hyperconsommation numérique aux conséquences néfastes pour la planète.

Un équipement 5G consommerait trois fois plus d'énergie qu’un équipement 4G et nécessiterait trois fois plus de sites pour assurer la même couverture. @CC0

Un équipement 5G consommerait trois fois plus d'énergie qu’un équipement 4G et nécessiterait trois fois plus de sites pour assurer la même couverture. @CC0

Plus rapide, plus interactive, plus réactive, les promesses de la 5G augurent un nouveau monde hyperconnecté. "Avec la 5G, nous accompagnons progressivement l’évolution des usages et le développement de nouveaux services utiles pour l’homme et la société" promet ainsi Orange sur son site. L’opérateur promet une vitesse de téléchargement divisée par cinq pour un film en HD, 200 photos ou encore un album MP3.

C’est justement cette utilité, à l’ère de l’urgence climatique, que remettent en question Hugues Ferreboeuf et Jean-Marc Jancovici du Shift Projet dans une récente tribune intitulée "La 5G est-elle vraiment utile ?". "Il y a aujourd’hui un consensus pour dire qu’un équipement 5G consomme trois fois plus qu’un équipement 4G, et qu’ajouter des équipements 5G aux infrastructures existantes (2G, 3G, 4G) conduira au moins à doubler la consommation. Par ailleurs, avec la 5G il faudra trois fois plus de sites qu’avec la 4G pour assurer la même couverture", expliquent les deux spécialistes.

 

Une hausse de 2 % de la consommation d'électricité du pays

Selon leurs estimations, rien que le déploiement de la 5G équivaudrait à une augmentation équivalente à 2 % de la consommation d’électricité du pays. "La consommation d’énergie des opérateurs mobiles devrait être multipliée par 2,5 à 3 dans les cinq ans à venir, ce qui représente environ dix térawattheures d’électricité supplémentaires", détaille Hugues Ferreboeuf, directeur du projet "Sobriété" au sein du Shift Project. "C’est corroboré par les opérateurs chinois qui ont déployé 80 000 sites 5G depuis un an."   

Ce chiffre ne prend même pas en compte la consommation d’énergie liée aux usages, qui devraient exploser, ni celle nécessaire à la fabrication des éléments réseau, des terminaux, ou encore des millions d’objets connectés. "Or la fabrication des équipements représente plus de deux fois l’énergie de fonctionnement des réseaux, hors data centers", précise encore Hugues Ferreboeuf. "La 5G sera en outre incompatible avec les smartphones actuels rendant des milliards d’appareils obsolètes pourtant fonctionnels", complète Frédéric Bordage, expert du numérique responsable.

 

Pour le commun des mortels, la 5G servira surtout à jouer en ligne

Les opérateurs mobiles font quant à eux valoir un gain d’efficacité énergétique, avec une diminution potentielle de 50 % de l’énergie consommée par rapport à la 4G, et des bénéfices environnementaux liés aux usages. Orange explique ainsi que "la 5G accélérera la multiplication de capteurs pour un monitoring généralisé de la pollution, du bruit, de la température, de l’humidité... La prise de décisions en temps réel bénéficiera directement à la gestion des villes, de l’agriculture, du trafic…"

"Quel objet connecté vraiment utile justifie le déploiement de la 5G partout dans le monde, pour tout le monde ? La question mérite d’être posée, estime Frédéric Bordage. Pour le commun des mortels, la 5G servira principalement à jouer en ligne et à regarder du streaming dans le TGV. Est-bien raisonnable d'accélérer l'épuisement de métaux critiques pour cela à un moment de l’histoire où on peut encore se donner une chance de faire la transition ?" 

 

Une conférence sur le sujet en juin

Le patron de l’Arcep, Sébastien Soriano, interrogé dans Le Monde, promet l’organisation d’une conférence en juin pour débattre des enjeux sociétaux posés par la 5G. "Sur la question environnementale, deux thèses s’affrontent : l’une consiste à dire que nous allons vers une surenchère des usages qui induira une consommation énergétique croissante, l’autre que la 5G est plus efficiente de par son architecture. Nous ouvrons ce débat sans a priori" annonce-t-il.

"Ce qui me choque le plus, c’est qu’il n’y ait absolument pas le réflexe de lancer une étude d’impact environnemental, obligatoire pour tout projet d’infrastructure majeur, avant de lancer une telle innovation. Le numérique passe complètement sous le radar" interroge Hugues Ferreboeuf. Pourtant, si Internet était un pays, il serait le sixième plus gros consommateur d’énergie et le septième émetteur de CO2. Et d’ici 2040, l’industrie des technologies de l’information et de la communication devrait représenter 14 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) en 2040, soit autant que les émissions actuelles des États-Unis.        

 

 

Source : https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/le-deploiement-de-la-5g-va-etre-un-veritable-desastre-ecologique-148111.html?utm_source=Abonn%C3%A9s+Novethic&utm_campaign=415f0fdf47-Recap_2020_01_21&utm_medium=email&utm_term=0_2876b612e6-415f0fdf47-171071833

 

 

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