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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 09:51

 

 

Publié le 17 septembre 2019 par werdna01

La lettre de POLLINIS Association Loi 1901 / 10, rue Saint Marc 75002 – 16/09/2019 Paris www.pollinis.org

 

« C’est une folie d’utiliser massivement les pesticides SDHI. Nous les avons testés en laboratoire, ils tuent aussi bien l’enzyme des vers de terre, de l’abeille ou de l’Homme, avec des conséquences catastrophiques pour l’environnement et potentiellement pour la santé. »   Pierre Rustin, Directeur de recherches CE au CNRS, Inserm UMR1141 / Physiopathologie et thérapie des maladies mitochondriales – Hôpital Robert Debré.

Réponse officielle de l’Anses, l’autorité sanitaire française chargée d’évaluer et d’autoriser la vente des pesticides: « L’alerte des scientifiques n’est pas fondée, il n’y a pas lieu d’interdire ces produits. »…

C’est une folie d’utiliser massivement les pesticides SDHI !

Madame, Monsieur,

Sous la pression des multinationales de l’agrochimie, les autorités sanitaires françaises et européennes essayent d’étouffer ce qui sera peut-être l’un des plus gros scandales sanitaires et environnementaux des prochaines décennies. POLLINIS a besoin de votre soutien et de votre mobilisation de toute urgence pour les en empêcher.

Un groupe d’éminents scientifiques – chercheurs, cancérologues, toxicologues, travaillant à l’Université et dans les principaux instituts de recherche en France (CNRS, Inserm, INRA) – essaie désespérément d’alerter les autorités sanitaires en charge du contrôle des pesticides et de leur autorisation… sur les conséquences potentiellement catastrophiques liées à l’utilisation massive d’une nouvelle classe de pesticides tueurs-d’abeilles, les SDHI (« Succinate Deshydrogenase Inhibitors »), dont le mode d’action particulier – ils s’attaquent à la respiration cellulaire indispensable aux êtres vivants – pourrait avoir des effets ravageurs sur l’environnement et notre santé à tous dans les années qui viennent. (1)

Mais les autorités sanitaires refusent de prendre en compte les indications et découvertes de ces chercheurs – des experts indépendants, pourtant mondialement reconnus dans leur spécialité – et d’en tirer la seule conclusion scientifique et raisonnable qui s’impose :  le retrait immédiat de tous les pesticides SDHI du marché européen, et le suivi épidémiologique des effets produits par les milliers de tonnes de ces poisons déjà déversés dans notre environnement  !

Tout en reconnaissant qu’elle manquait de connaissances scientifiques pour répondre aux inquiétudes graves soulevées par les spécialistes du CNRS, de l’Inserm et de l’INRA…l’Anses, l’autorité sanitaire française en charge de l’évaluation et de l’autorisation de vente des pesticides, a sciemment refusé d’appliquer le principe de précaution et a réaffirmé son soutien « aveugle » aux pesticides incriminés !

Ça paraît complètement fou : Pourquoi prendre un tel risque quand la mission première, capitale, des autorités sanitaires est de protéger les citoyens, leur santé et leur environnement ?!

Tout simplement parce que les enjeux financiers sont colossaux pour l’industrie agrochimique… Et les pressions des lobbys sur les autorités sanitaires sont à la hauteur des centaines de millions de bénéfices que représente chaque année la vente de ces nouveaux produits !

Utilisés massivement depuis 2013, les SDHI sont devenus en six ans seulement des pesticides très utilisés en agriculture : ils sont déversés en France sur 70 % des cultures de blé tendre et 80 % des cultures d’orge (2). On les utilise pour le tournesol, le colza, les fruits (pommes, raisins, abricots, cerises, tomates…), les légumes (choux, asperges, carottes…) Mais aussi sur la plupart des terrains de sport, de golf, les stades de foot…

Les SDHI sont partout dans l’environnement, jusque dans l’eau que nous buvons et l’air que nous respirons (3). Et dans nos assiettes : le boscalid, le SDHI le plus vendu, fabriqué par l’agro-industriel BASF, se retrouve dans la moitié des échantillons de fraises testés, 71 % des salades, 86 % des mueslis non bio…(4) Selon l’EFSA, le boscalid fait partie des produit phytosanitaires les plus fréquemment quantifiés parmi les pesticides analysés dans tous les produits végétaux. (5)

C’est une folie d’utiliser massivement les pesticides SDHI !

C’est une véritable catastrophe pour la nature et une bombe à retardement pour l’Homme : « Si les SDHI continuent à être utilisés de la sorte, il est fort probable que de nombreuses maladies graves se déclencheront dans 10 ou 20 ans dans la population : maladies neurologiques, cardiomyopathies chez les enfants et les adultes, cancers… » (6)

C’est une folie d’utiliser massivement les pesticides SDHI !

Dans une tribune publiée en avril 2018, les scientifiques qui ont lancé l’alerte pointent clairement les risques : « Des anomalies du fonctionnement de la SDH peuvent entraîner la mort des cellules en causant de graves encéphalopathies, ou au contraire une prolifération incontrôlée des cellules, et se trouve à l’origine d’autres maladies humaines ». (1) Les mêmes scientifiques appellent à « suspendre l’utilisation (des SDHI) tant qu’une estimation des dangers et des risques n’aura pas été réalisée par des organismes indépendants des industriels distribuant ces composés et des agences ayant précédemment donné les autorisations de mise sur le marché ».

Et pourtant…  L’Anses, l’autorité sanitaire française en charge de l’évaluation du risque et des autorisations de pesticides, a balayé leurs inquiétudes et leurs demandes d’un revers de la main.

La chronologie des faits parle d’elle-même :

Octobre 2017 : Pierre Rustin, Paule Bénit et leurs collègues du CNRS, de l’Inserm et de l’INRA alertent l’Anses sur les risques induits par l’utilisation massive des pesticides SDHI >> Silence radio de l’Anses pendant plus de 7 mois – aucune réponse, aucune position officielle !

15 avril 2018 : les chercheurs sont obligés de sortir de leur réserve scientifique et dénoncent publiquement l’existence et le mode d’action des SDHI dans une tribune publiée dans le journal Libération – pour obliger l’Anses à sortir de son mutisme >> Acculée, l’agence se résout à réunir un GECU (Groupe d’expertise collective d’urgence) pour étudier l’alerte des chercheurs.

14 juin 2018 : les scientifiques lanceurs d’alerte sont enfin reçus au siège de l’Anses pour présenter leurs études ; ils en ressortent abasourdis face à l’attitude méprisante et résolument non-scientifique des membres du GECU : 4 toxicologues ne connaissant ni la SDH ni les SDHI, dont un « expert » directement lié aux intérêts des producteurs de fongicides ;

15 janvier 2019 : quinze mois plus tard, le GECU remet son rapport : les SDHI (les pesticides les plus utilisés en Europe !) « ne font pas partie des familles chimiques analysées (dans les programme de surveillance des pesticides français et européens)… Aucune donnée de bio-surveillance humaine… aucune donnée d’exposition professionnelle agricole n’est disponible à ce jour… À ce stade, il n’est pas prévu de les ajouter au programme… »

>> Sans ciller, les autorités sanitaires françaises reconnaissent donc qu’il n’existe pas de données ni de recherches sur les SDHI – des pesticides au mode d’action pourtant particulièrement inquiétant, présents partout dans notre environnement…

Tout comme leurs homologues de l’EFSA, l’autorité sanitaire chargée d’évaluer et d’autoriser les pesticides au niveau européen, elles assument ne rien savoir ou presque des effets potentiels des SDHI pour l’environnement et la santé. Et cela ne les empêche pas d’accorder à Bayer-Monsanto, Syngenta-ChemChina et autres géants de l’industrie chimique, l’autorisation de vendre 11 pesticides SDHI différents en Europe… Ni de prolonger à nouveau en juillet dernier l’autorisation de vente du boscalid, le SDHI le plus utilisé en Europe, sans exiger de nouvelles études et sans prendre en compte les études déjà réalisées depuis la première mise sur le marché. (7) 

C’est inimaginable. Nous devons couper court à cette complaisance insupportable, à cette collusion dangereuse qui met en danger des millions de personnes et sacrifie le vivant pour préserver les seuls intérêts financiers des multinationales de l’agrochimie !

POLLINIS a rencontré deux fois les représentants de l’autorité sanitaire française pour exiger des explications – et le lancement d’études pour évaluer la réelle toxicité des SDHI. Pour les forcer à réagir, POLLINIS a lancé elle-même les premières études réclamées par les scientifiques, avec le concours des chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Bologne – les premiers résultats seront publiés d’ici la fin de l’année.

Mais nos moyens sont limités. Et il s’agit d’une course contre la montre. C’est pourquoi nous devons immédiatement faire pression tous ensemble, directement sur les représentants politiques pour qu’ils prennent de toute urgence des mesures de salut public :

S’il vous plaît, signez la pétition

 

► JE SIGNE LA PÉTITION

 

Et faites-la circuler largement autour de vous pour alerter et mobiliser le plus grand nombre possible de citoyens – pour faire pression tous ensemble sur la Commission et les États membres de l’Union européenne : Nous demandons le retrait immédiat de toutes les substances fongicides de la classe SDHI, ainsi que le financement d’études indépendantes pour évaluer de façon transparente les dangers réels découlant d’une utilisation massive de ces pesticides …et éviter un possible désastre sanitaire et environnemental de grande ampleur.

Car au-delà de notre santé, c’est aussi l’ensemble de la biodiversité qui est aujourd’hui menacé par les SDHI :

– Vendus comme fongicides (des pesticides servant à détruire les champignons), ces poisons s’attaquent en réalité à la respiration cellulaire de presque tous les êtres vivants ;

– Ils sont même plus efficaces pour détruire la micro-faune présente dans les sols et dans l’eau, ainsi que les poissons, les lombrics, les abeilles et les insectes… que pour détruire les champignons ! On a observé une chute vertigineuse du nombre de vers de terre, nettoyeurs assidus des sols indispensables au maintien d’un terreau propice à l’agriculture – de moins 30% un an après la dernière application d’un SDHI ! (8)

– Des recherches menées en Italie (9) ont montré que certains fongicides peuvent décupler l’impact mortel des insecticides sur les pollinisateurs lorsqu’ils sont utilisés ensemble sur une culture – ce qui est très fréquemment le cas…

– D’autres recherches montrent que la toxicité des néonicotinoïdes pour les abeilles mellifères double en présence du fongicide boscalid couramment rencontré. (10)

Les effets sur le terrain commencent à se faire sentir :

– Une enquête menée en 2016 à la suite d’une vague de mortalités suspectes d’abeilles en Rhône-Alpes, a révélé l’effet dévastateur du boscalid appliqué sur le colza que les abeilles sont venues butiner avant de succomber (11) ;

– Plus récemment en Ariège, plus de 2 millions d’abeilles ont été mortellement empoisonnées par un épandage « accidentel » de voxan, un autre SDHI largement utilisé en agriculture (12) 

Ces premiers constats rappellent fortement ce qui s’est passé avec les néonicotinoïdes tueurs-d’abeilles dans les années 1990 … et justifieraient à eux seuls un coup d’arrêt immédiat à l’utilisation des SDHI en agriculture ! 

Alors s’il vous plaît, agissons tous ensemble dès maintenant pour faire interdire les SDHI et montrer que nous n’accepterons pas un nouveau scandale comme celui des pesticides néonicotinoïdes tueurs-d’abeilles, ou un nouveau scandale sanitaire comme celui de l’amiante, du Mediator ou du Levothyrox !

Signez dès maintenant la pétition à la Commission et aux États membres de l’Union européenne pour exiger un retrait immédiat des SDHI.

 

► JE SIGNE LA PÉTITION

 

Et faites-la circuler autour de vous, à toutes les personnes susceptibles de se mobiliser : tout le monde doit savoir ce qui se passe avec les SDHI et l’inaction insupportable de nos autorités sanitaires, afin d’empêcher un potentiel désastre sanitaire !

Au moment où je vous écris, notre équipe s’organise pour aller rencontrer la Commission européenne, les députés à Bruxelles et à Paris et les représentants des ministères : Chaque signature supplémentaire à notre pétition sera une aide déterminante pour peser et être écoutés lors de ces rendez-vous.

Ensemble, avec votre aide, nous allons faire éclater le scandale et lutter pied à pied contre les lobbys des firmes agrochimiques pour mettre les autorités sanitaires et les responsables politiques au pied du mur.

Merci par avance pour votre participation dans ce combat, pour les abeilles, et la santé de nos enfants.

Bien cordialement,  Nicolas Laarman / Délégué général

 

POUR SIGNER LA PÉTITION, CLIQUEZ ICI

 

PS : Après avoir signé, SVP transmettez ce message le plus largement possible autour de vous pour alerter et rallier un maximum de citoyens, pour mettre les responsables politiques face à leurs responsabilités, et les forcer à retirer sans tarder  les pesticides SDHI de nos champs et de notre environnement – avant que les dégâts soient irréparables…

Lire aussi : Fabrice Nicolino : « L’Agence nationale de sécurité sanitaire fait partie du lobby des pesticides » Reporterre / 10 septembre 2019 / Entretien avec Fabrice Nicolino

C’est une folie d’utiliser massivement les pesticides SDHI !

Le crime est presque parfait. L’enquête choc sur les pesticides et les SDHI de Fabrice Nicolino, éditions Les Liens qui libèrent, septembre 2019, 224 p., 20 €.

 

Références : (1) Voir la tribune signée par neuf chercheurs CNRS, Inserm et INRA publiée dans Libération le 15 avril 2018 : Une révolution urgente semble nécessaire dans l’usage des antifongiques et leur site Endsdhi.com

(2) www.terre-net.fr le 3 janvier 2014. Voir aussi Agreste : Plus de 3,24 millions d’hectares de cultures ont reçu un SDHI en 2014 en France, pour plus de 580 tonnes de substances, majoritairement du boscalid.

(3) Etat des lieux de la présence des pesticides dans l’environnement, 4e journées régionales de l’air – Sébastien LEONARD, Agnès HULIN
Étude Air Paca, Mesures du Glyphosate dans l’air : étude exploratoire en région PACA Novembre 2017
Atmo Auvergne Rhône Alpes 2015

(4) Enquêtes EXPERT, Générations Futures, 2015 et 2016

(5) The 2017 European Union report on pesticide residues in food European Food Safety Authorities (EFSA), scientific report adopted May 26 2017, doi: 10.2903/j.efsa.2019.5743.

(6) Au sujet des maladies liées à une défaillance de la SDH, voir :Genetic and Biochemical Intricacy Shapes Mitochondrial Cytopathies, Turnbull, Rustin, in Neurobiol Dis, 12 février 2015, 92, 55-63.

Mutation of a Nuclear Succinate Dehydrogenase Gene Results in Mitochondrial Respiratory Chain Deficiency, Bourgeron, Rustin, Chrétien in Nat Genet, octobre 1995, 11(2), 144-149.

Mutations in SDHD, a Mitochondrial Complex II Gene, in Hereditary Paraganglioma, Baysal, Ferrell, Willett-Brozick in Science, 4 fév. 2000, 287 (5454), 848-851.

The R22X Mutation of the SDHD Gene in Hereditary Paraganglioma Abolishes the Enzymatic Activity of Complex II in the Mitochondrial Respiratory Chain and Activates the Hypoxia Pathway, Gimenez-Roqueplo, Favier, Rustin in Am J Hum Genet, décembre2001, 69(6), 1186-1197.

Defects in Succinate Dehydrogenase in Gastrointestinal Stromal Tumors Lacking KIT and PDGFRA Mutations, Janeway, Kim, Lodish in Proc Natl Acad Sci USA, 4 janv. 2011, 108 (1), 314-318.

SDH Mutations Establish a Hypermethylator Phenotype in Paraganglioma, Letouzé, Martinelli, Loriot in Cancer Cell, 10 juin 2013, 23(6), 739-752.

The Environmental Carcinogen Benzo[a]pyrene Induces a Warburg-Like Metabolic Reprogramming Dependent on NHE1 and Associated With Cell Survival Hardonniere, Saunier, Lemarié in Sci Rep, 4 août 2016, 6, 30776.

(7) L’autorisation de la substance active boscalid a été repoussée une première fois au 31 juillet 2019, puis une seconde fois jusqu’au 31 juillet 2020. Commission Implementing Regulation (EU) 2018/917 of 27 June 2018 amending Implementing Regulation (EU) No 540/2011 as regards the extension of the approval periods of the active substances.

(8) Anses, Base Agritox : http:/www.agritox.anses.fr/ «Deux études au champ sur les populations de vers de terre avec CANTUS, deux doses (0.6 et 1.2 kg/ha), 3 applications à 12-14 j d’intervalle, ont été réalisées dans des pâtures: après un an, une réduction non significative d’abondance et de biomasse de 30% est observée à la plus forte dose et aucun effet sur l’abondance et la biomasse à la plus faible dose. Cependant aux deux doses, une réduction d’abondance de 30% est observée pour une espèce une année après la dernière application.»
Fiche d’informations BOSCALID, base de données AGRITOX 2006

(9) Synergistic mortality between a neonicotinoid insecticide and an ergosterol-biosynthesis-inhibiting fungicide in three bee species, Sgolastra F, Medrzycki P, Bortolotti L, Renzi MT, Tosi S, Bogo G, Teper D, Porrini C, Molowny-Horas R, Bosch J, in Pest Manag Sci. 2017 Jun;73(6):1236-1243. doi: 10.1002/ps.4449. Epub 2016 Nov 29

(10) Chronic exposure to neonicotinoids reduces honey bee health near corn crops N. Tsvetkov, O. Samson-Robert, K. Sood, H. S. Patel, D. A. Malena, P. H. Gajiwala, P. Maciukiewicz, V. Fournier, A. Zayed Science 30 Jun 2017: Vol. 356, Issue 6345, pp. 1395-1397. doi: 10.1126/science.aam747

(11) Bilan 2016 du réseau de surveillance des troubles des abeilles, DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes

(12) Un apiculteur de Haute-Garonne perd deux millions d’abeilles et soulève un élan de solidarité, Noémie Bonnin pour France Bleu Occitanie, 14/05/2018

 

 

 

 

 

Source : https://resistanceinventerre.wordpress.com/2019/09/17/128128/

 

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