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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 17:17

 

 

 

01/05/2018 14:45 Mis à jour à: 14:51 | 0 commentaires

 

Réflexion sur la possibilité d’alternatives à l’écobuage

Le Collectif de citoyens “Su aski” (Halte aux feux) s’est constitué il y a un an pour dénoncer les effets dévastateurs des feux de montagne, nommés de façon incorrecte écobuages et pour aider à engager une réflexion sur les alternatives à cette pratique. Ses défenseurs ont coutume de la présenter comme traditionnelle alors que, si écobuages il y a “toujours” eu dans les Pyrénées, ils ne se présentaient pas sous cette forme ni avec cette intensité.

 

Brûler la végétation et le sol, surtout sur des espaces de plus en plus vastes et de plus en plus souvent, provoque de terribles effets :

– pollution de l’air par les particules fines (l’hiver froid et sec de l’an dernier a été particulièrement marqué par quatre mois de particules fines dans nos montagnes) ;

– érosion du sol qui prépare rien moins que le désert (le journal Sud-Ouest parlait récemment de 20 % du territoire hexagonal impacté, avec une mention spéciale pour le piémont pyrénéen. Tiens, tiens !). L’érosion impacte aussi la vie des cours d’eau, la terre qui y plonge colmate le substrat et les œufs des salmonidés sont asphyxiés ;

– destruction de la biodiversité. Effectivement, aucun animal, mammifère, oiseau, insecte pollinisateur ou non ne peut survivre à de tels feux, sans oublier les arbres et tous les végétaux dont les cycles de vie et de reproduction sont parfois très fragiles.

 

Notons que plus ces feux sont tardifs en saison, plus ils sont dévastateurs. Le report, cette année, de la date butoir de fin mars à fin avril est particulièrement inquiétante :

– cas d’accidents mortels pour des personnes, éleveurs ou randonneurs, prisonniers des flammes –rappelons Estérençuby en 2001– ou de dommages matériels –maison entièrement brûlée à Saint-Etienne-de-Baïgorry l’année dernière.

 

Si la montagne brûle ainsi en Pays Basque et ailleurs malgré tous les lanceurs d’alerte, c’est en grande partie parce que le système de subventions de la PAC pousse l’éleveur à prouver qu’il dispose de suffisamment d’herbage sans broussailles ou sans arbres. Cette réalité, ce sont des éleveurs eux-mêmes qui en témoignent et avouent qu’ils abandonneraient le feu si le système de subventions changeait. Derrière les écobuages se pose donc la question cruciale du type d’agriculture que nous voulons, les subventions venant, faut-il le rappeler, des impôts de tous les citoyens. Nous préciserons que le Collectif est choqué par la récente propagande de la Préfecture qui cherche à culpabiliser d’éventuelles victimes des feux sans placer à aucun moment les incendiaires devant leur responsabilité.

 

Su Aski, né de la sensibilité et des interrogations d’un groupe de personnes venant d’horizons divers, se veut un lieu d’échanges et de réflexion sur la possibilité d’alternatives à l’écobuage, ouvert au dialogue avec tous les pratiquants de la montagne.

 

Il souhaite explorer avec la population les pistes existantes pour permettre aux éleveurs et aux autres “utilisateurs” de cette montagne, apiculteurs, cueilleurs, marcheurs, d’exercer leur activité dans le respect du vivre ensemble. Les pratiques doivent évoluer en même temps que les enjeux environnementaux et sociétaux auxquels nous sommes tous confrontés aujourd’hui, adultes ou enfants, campagnards ou citadins. Au cas où, par endroits limités, le feu serait indispensable à l’activité pastorale, des techniques existent, propres et respectueuses. Du matériel existe aussi, qui, s’il reste cher, pourrait être pris en charge par les collectivités territoriales ou par des CUMA.

 

Nous pensons enfin que certains lieux, en particulier les plus inaccessibles, doivent évoluer sans nulle intervention humaine. Des ravins clôturés en raison de la dangerosité pour les animaux d’élevage et mis à feu quand même, c’est honteux et ce n’est plus du tout acceptable ! Il faut cesser d’envisager la nature comme une ennemie, mais tout au contraire la considérer comme une amie et collaboratrice sans laquelle la vie humaine sera condamnée sur cette planète.

 

suaski@laposte.net

https://www.youtube.com/channel/UCQQZaEwlDa-oyFKjafJZvsA

 

 

 

Source : https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20180501/reflexion-sur-la-possibilite-dalternatives-a-lecobuage

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