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17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 10:08

 

 

 

La chasse aux décharges sauvages est ouverte

>Ma Terre / Environnement>Ville Durable|Émilie Torgemen|09 avril 2016,

Le maire de Laigneville (Oise), Christophe Dietrich, mène depuis plus d'an des opérations "retour à l'envoyeur". Ces opérations consistent à renvoyer chez leurs propriétaires les détritus ou déchets déposés sauvagement souvent en pleine nature. DR

Le maire de Laigneville (Oise), Christophe Dietrich, mène depuis plus d'an des opérations "retour à l'envoyeur". Ces opérations consistent à renvoyer chez leurs propriétaires les détritus ou déchets déposés sauvagement souvent en pleine nature. DR

LE FAIT DU JOUR. Les décharges sauvages se multiplient. Pour faire face, des communes pratiquent de plus en plus la technique du retour à l'envoyeur.

Serions-nous tousdes ordures ? L'équivalent de 8,7 tours Eiffel (88 000 t) d'immondices est négligemment jeté chaque année en France, au bord de nos routes, dans nos rivières ou nos forêts. Avec les beaux jours, ce sont aussi les dépôts sauvages qui reviennent. Et du coup, les collectivités multiplient les initiatives plus ou moins légales pour stopper l'encombrant problème des dépôts sauvages : à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), des affiches rappellent en ce moment que vider ses poubelles en pleine rue est un délit qui peut coûter jusqu'à 3 000 € d'amende. Plus au Sud, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna) invite les promeneurs vigilants à dénoncer les indélicats...


Certaines villes sont plus exposées que d'autres à ce phénomène. « Les territoires les moins favorisés sont aussi ceux où l'on jette le plus en pleine rue, décrypte Carole Carpentier, la secrétaire générale de l'ONG Vacances propres. Comme un moyen d'exprimer sa colère, en transformant son quartier en dépotoir. » Plusieurs communes ont recours maintenant à la technique du retour à l'envoyeur, en identifiant les auteurs des dépôts illégaux et en renvoyant leurs déchets à leur domicile.
 

Ce que dit la loi

Les dépôts sauvages de déchets sont interdits par la loi et punis par l'article R. 632-1 du Code pénal d'une amende de 35 €. Selon l'article L. 541-46 du Code de l'environnement, pour une entreprise, laisser des monceaux de déchets en camionnette dans un champ ou en forêt peut coûter jusqu'à 75 000 € et jusqu'à deux ans de prison. Par ailleurs, selon un arrêt du Conseil d'Etat de 1977 contre la commune de Merfy (Marne), c'est au maire d'enlever ou de faire enlever les dépôts sauvages dans sa ville. Son inaction est considérée comme une faute lourde et peut engager la responsabilité de la commune.


Responsabilité et pédagogie

Flore Berlingen de l'association Zero Waste, rappelle que « les élus s'en préoccupent aussi parce que ce fléau coûte des dizaines de milliers d'euros à chaque commune et donc aux contribuables ».

Sans compter que, face aux tas d'ordures, les maires se retrouvent dans une situation intenable : « Ils sont responsables juridiquement, alors qu'il est très difficile de faire payer le pollueur sauf à le prendre en flagrant délit », souligne Olivier Guichardaz, le rédacteur en chef du journal « Déchets info ». Depuis un arrêt de la cour administrative d'appel de Paris de 2006, il ne suffit pas de trouver au milieu des débris un document identifiant le propriétaire pour l'incriminer. Une épave de voiture rouillée en plein champs par exemple pourrait très bien avoir été abandonnée par n'importe qui. Alors, dès qu'apparaissent ferrailles, bidons vides ou vieux cartons, les municipalités débarrassent les immondices fissa.

Décharge sauvage : Nos maires du Pays Basque ne devraient-ils pas suivre l’exemple de Laigneville en effectuant un retour des déchets à l’envoyeur ?!

Les particuliers qui déposent chaise à trois jambes ou vieux pneus sur un coin de trottoir ne sont pas toujours conscients qu'ils commettent un délit. Alors il faut aussi faire un effort de pédagogie. « Comptons sur l'intelligence des citoyens, encourage Flore Berlingen. Par exemple avec des ramassages collectifs qui permettent de nettoyer nos paysages et de mobiliser sur l'absurde quantité de déchets que nous produisons ! »


Chez Vacances propres, l'objectif est d'embarrasser les jeteurs : « Plus personne n'oserait aujourd'hui cracher dans un café, alors que la pratique était fréquente il y a moins de cent ans... » rappelle Carole Carpentier. En espérant faire évoluer les mentalités.

- INTERACTIF. Des applis pour repérer les décharges sauvages.
- L’EXEMPLE. la méthode musclée de Laigneville.


VIDEOs. Oise : des dépôts sauvages de déchets retournés à l'envoyeur 

Détectives, caméras et fleurs anti-détritus

Les initiatives répressives ou préventives contre les dépôts sauvages se multiplient en France et ailleurs.

 
Des privés fouillent les poubelles. A Roubaix (Nord), les citoyens pollueurs n'ont qu'à bien se tenir. L'été dernier, la mairie a fait appel à des détectives pour traquer les dépôts d'ordures sauvages. La pratique est courante en Allemagne où des Sherlock épluchent les rebuts laissés sur la chaussée à la recherche d'un indice qui révélerait l'identité des indélicats. A Roubaix, on demande aussi aux facteurs de signaler sur une appli, Vivacité, les dépôts sauvages.


Des radars anti-ordures. A Sénart (Seine-et-Marne), dans la forêt de Fontainebleau, des appareils photo ultrasensibles cachés dans les sous-bois se déclenchent au moindre mouvement. Non pas pour traquer les cerfs mais pour « flasher » les humains qui déversent le trop-plein de leur cave le soir sous les arbres. Les agents de l'Office national des forêts (ONF) ont répertorié une vingtaine de lieux sensibles et des appareils y ont été dissimulés pour enregistrer visages et les plaques minéralogiques.


Des plantes antidéchets. En Guyane, à Rémire-Montjoly, des habitants, las de voir toujours des détritus aux mêmes endroits, se sont armés de pelles et de pioches et y ont planté fleurs et palmiers. Les végétaux occupent le terrain et évitent le retour des déchets.

Des vautours équipés de caméras. A Lima, au Pérou, une dizaine de vautours sont équipés de petites caméras. En survolant la ville, ils transmettent des images destinées à une campagne du ministère de l'Environnement qui veut ouvrir les yeux des habitants sur l'amoncellement des ordures dans les rues de la capitale.

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